Vue d’ensemble des programmes de recherche
Le programme d’activité 2026-2029 englobe 42 programmes de recherche.
01 - Politique alimentaire, tendances et marchés - bases de décision pour un système alimentaire plus durable et une alimentation saine
Il est urgent de faire évoluer le système alimentaire pour contrer les effets du changement climatique et la perte de biodiversité et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire en Suisse et à l’échelle mondiale. Pour cela, il faut une politique alimentaire qui transforme la politique agricole en une politique globale visant à promouvoir une alimentation saine et la production durable de denrées alimentaires (Conseil fédéral, 2022). Une telle politique alimentaire doit prendre des mesures à tous les niveaux de la chaîne de création de valeur, c’est-à-dire depuis la production jusqu’à la consommation en passant par la transformation, tout en tenant compte de ces différentes perspectives.
02 - Mesures de politique agricole, environnementale et commerciale - Évaluations et configuration au niveau de l’exploitation, du secteur et du produit
Il est urgent de faire évoluer le système alimentaire pour contrer les effets du changement climatique et la perte de biodiversité et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire en Suisse et à l’échelle mondiale.
03 - Scénarios pour une agriculture adaptée aux conditions locales et évaluation de leurs effets
Une agriculture adaptée aux conditions locales utilise les potentiels pédoclimatiques, agronomiques, économiques et écologiques spécifiques au site prioritairement pour la production de denrées alimentaires en tenant compte de la capacité de résilience écologique des écosystèmes.
04 - Transformation de l’agriculture suisse: situation actuelle, situation souhaitée, facteurs de réussite
La loi sur l’agriculture prévoit le développement et la mise en œuvre par l’Office fédéral de l’agriculture de mesures visant à soutenir les agricultrices et les agriculteurs dans la production durable et axée sur le marché de denrées alimentaires de haute qualité.
05 - Lait, produits laitiers et fromage du futur
Le lait et les produits laitiers font partie des aliments les plus importants en Suisse. Avec une consommation par habitant de plus de 300 kilos par an, ils se placent loin devant tous les autres aliments.
06 - Nouveaux produits et nouvelles technologies alimentaires = nouvelle valeur ajoutée pour l'agriculture
Dans le cadre de ses recherches dans le domaine du lait/fromage et, dans une mesure limitée, dans celui des fruits/vin, Agroscope a constitué pendant plus d'un siècle une collection de souches unique en son genre,...
07 - Production de vin durable
La viticulture suisse doit devenir beaucoup plus durable en termes d'impact environnemental et s'adapter aux changements climatiques, tout en maintenant au moins sa part de marché.
08 - Cultures fruitières, baies
La culture suisse des fruits et des baies génère une valeur de production élevée sur environ 7000 ha de cultures intensives et approvisionne ainsi la population suisse en fruits frais sains et indigènes.
09 - Plantes aromatiques et médicinales
L'objectif principal est de maintenir ou de renforcer la compétitivité de la production suisse d'herbes aromatiques en produisant des herbes de haute qualité, originales et adaptées au marché (pour les acheteurs). Il y a lieu de mettre en place des systèmes de production innovants, directement applicables dans la pratique, afin de garantir la sécurité des rendements, la qualité des produits et la durabilité.
10 - Vertical farming / urban farming (Production alimentaire en dehors de l’agriculture)
Le potentiel des systèmes de production urbaine doit être examiné et exploité. Les possibilités et les limites des systèmes de production urbaine doivent être explorées en termes de productivité, de besoins énergétiques pour l'éclairage et la climatisation. Les systèmes de production actuels doivent être évalués, optimisés et encouragés. La population urbaine doit être impliquée et contribuer à une transformation vers un système alimentaire durable.
11 - Cultures maraîchères
La culture maraîchère joue un rôle important pour l'autosuffisance alimentaire de la Suisse, mais aussi pour la santé humaine, grâce à la production de produits frais riches en minéraux et en vitamines. Dans le contexte des habitudes alimentaires de demain, on s'attend à une augmentation de la demande en légumes. Parallèlement, la production maraîchère dans l'espace méditerranéen sera de plus en plus difficile et coûteuse en raison de la pénurie d'eau.
12 - Cultures alternatives dans la production végétale et création de nouvelles chaînes de valeur
La production de denrées alimentaires est confrontée à de multiples défis: 1) la progression du changement climatique avec une accumulation d'événements météorologiques extrêmes, 2) l'évolution des problèmes engendrés par de nouvelles maladies et des parasites émergents, 3) l'érosion de la biodiversité, 4) l'augmentation des coûts de production (engrais, produits phytosanitaires, diesel agricole) ainsi que 5) les attentes de la politique agricole et de la société en matière de production durable, résiliente et neutre sur le plan climatique.
13 - Grandes cultures (food/feed/production fourragère)
Avec 275 000 ha de terres ouvertes et 125 000 ha de prairies temporaires, la surface de rotation des cultures représente 40 % de la surface agricole utile de la Suisse. Les céréales et le maïs, les pommes de terre, les betteraves sucrières, les protéagineux et les oléagineux ainsi que le fourrage issu de prairies temporaires doivent être résilients aux facteurs de stress abiotiques et biotiques et présenter un rendement élevé afin de générer une valeur ajoutée suffisante. Les pratiques culturales, les rotations de cultures et la structure des exploitations (avec ou sans élevage) sont fortement influencées par la forte pression de l'économie de marché ainsi que par les conditions climatiques et pédologiques très différentes d'une région à l'autre. L’objectif principal traditionnel des grandes cultures consiste à approvisionner le pays en denrées alimentaires et en fourrage. Du fait de la politique agricole, les cultures vivrières vont augmenter au détriment de la production fourragère. A cela s'ajoutent de nouvelles exigences, telles que la protection et la reconstitution des ressources naturelles (par ex. fertilité du sol, biodiversité), la protection des cours d'eau et des nappes phréatiques, l'adaptation à des ravageurs nouveaux ou en mutation, aux conditions climatiques et aux conditions du marché (pénurie d'eau, réduction des importations d'aliments pour animaux, augmentation de la production de denrées alimentaires et diminution de celle d'aliments pour animaux, demande croissante de produits cultivés sans pesticides). Ces exigences dominent le débat public, entraînent de nouvelles prescriptions légales et renchérissent la production agricole. Le défi des grandes cultures consiste à répondre à ces exigences tout en maintenant la productivité et une qualité des produits cultivés conforme aux exigences du marché ainsi que la rentabilité, tout en tenant compte des paiements directs. Il s'agit de trouver des solutions pour les grandes cultures aptes à relever ces défis et de proposer des recommandations spécifiques à la pratique. Ces solutions doivent en outre être compatibles avec le système de production concerné (production intégrée, agriculture bio, extenso, etc.). Les thèmes centraux des projets spécifiques aux cultures sont une production végétale respectueuses des ressources et adaptée au site grâce à l'utilisation efficiente des éléments nutritifs et de l'eau, à la réduction des pertes d'éléments nutritifs et des risques liés aux produits phytosanitaires, à l'augmentation de la tolérance à la sécheresse et aux fortes pluies, à des stratégies alternatives efficaces de protection des plantes, à la promotion de la biodiversité ainsi qu’à l'utilisation de nouvelles technologies («Smart Farming»). En partant de l’approche systémique, la démarche est interdisciplinaire et comprend tous les projets de recherche spécifiques aux grandes cultures portant sur la sélection variétale, la recherche sur les variétés, les essais variétaux, la protection des plantes, la fertilité des sols, l'apport d’éléments nutritifs ainsi que l’utilisation de nouvelles technologies d'application et de systèmes de prévision optimisés. L'accent est mis sur les grandes cultures établies. Il s'agit aussi bien de recherche fondamentale appliquée spécifique aux grandes cultures et aux cultures que de recherche extensive orientée vers la pratique et réalisées de manière cohérente. Les tâches d'exécution en matière de grandes cultures et leur développement ultérieur sont également inclus.
14 - Multifonctionnalité des surfaces herbagères
Plus de 1 100 000 hectares, soit 2/3 de la surface agricole utilisée en Suisse, sont des prairies permanentes (PP), utilisées comme pâturages. En raison des conditions topographiques, édaphiques et climatiques de la Suisse, il n'existe pas, pour la plupart de ces surfaces, d'autre alternative agricole que l’exploitation en tant que surface herbagère. Les surfaces de compensation écologique sont très diversifiées: elles comprennent un large éventail d'espèces et de communautés végétales différentes et couvrent une large gamme de conditions environnementales, qui vont des sites très fertiles et productifs en plaine jusqu’aux sites marginaux dans les Alpes. Les communautés végétales peuvent être proches de l'état naturel ou être modifiées (améliorées agronomiquement) par l'introduction d'espèces semées. Cela représente un défi pour la recherche et le développement des PP, car il faut développer une série de solutions différentes, adaptées au site. Les PP doivent fournir des rendements élevés en fourrage d'excellente qualité afin de réduire la dépendance vis-à-vis de la production de fourrage sur les terres cultivées en Suisses et à l’étranger. Parallèlement, elles doivent fournir de nombreux autres services écosystémiques importants pour la société, tels que la préservation de la biodiversité et du paysage, le stockage du carbone, la qualité de l'eau et les services de type cultural. Il existe toutefois des conflits d'objectifs entre la fourniture de différents services écologiques et culturaux. Par conséquent, le développement de solutions qui augmentent la multifonctionnalité des PP et résolvent les conflits d'objectifs est un grand défi. Cela nécessite des analyses détaillées des services écologiques fournis par les systèmes de PP en fonction du type et de l'intensité de l'exploitation (fréquence et période de fauche et de pâturage, chargement du pâturage et systèmes de pâture, espèce et race animale, type et quantité de fertilisants), de la diversité des types de prairies et des conditions du site. Parallèlement, les PP sont soumises à une forte pression en raison du changement climatique et de la nécessité d'être rentable. Il est donc indispensable de développer et de tester des pratiques pour adapter les PP au changement climatique et atténuer ses effets sur les PP. Les nouvelles technologies et les systèmes basés sur des capteurs peuvent apporter des connaissances supplémentaires qui favorisent la gestion durable des pâturages en réduisant la charge de travail et permettent de maîtriser de nouveaux défis tels que l'augmentation des prédateurs, en particulier dans les régions de montagne. Le fourrage vert est la principale source de protéines et d'énergie pour les ruminants et les chevaux et pourrait à l’avenir devenir la principale source aussi pour les monogastriques, ce qui réduirait la concurrence alimentaire. C'est pourquoi optimiser la gestion des PP devient encore plus important. Enfin, il est également essentiel que les techniques de conservation des fourrages permettent de préserver leur qualité et de garantir la santé et le bien-être des animaux.
15 - Production de viande et de lait durable et basée sur les herbages pour des produits de haute qualité
La production animale est le secteur le plus important de l'agriculture suisse. Une part importante du revenu agricole est générée par la production animale. Près de 30 000 exploitations élèvent 1,5 million de bovins. Actuellement, le taux d'auto-approvisionnement en viande de bœuf et en produits laitiers est proche de 100 % en Suisse. Plus de deux tiers de la surface agricole utile de la Suisse est constituée de surfaces herbagères, principalement utilisées pour l'alimentation des ruminants et des chevaux. En valorisant le fourrage grossier, les ruminants en particulier fournissent des protéines animales de haute qualité sous forme de lait et de viande pour la consommation humaine.
16 - Production durable de viande de porc et de volailles
Le porc et la volaille sont des viandes très appréciées, mais leur production est confrontée à plusieurs défis. Il s'agit notamment de la concurrence pour les mêmes ressources alimentaires, de la dépendance vis-à-vis des importations d'aliments pour animaux, de la responsabilité en matière d'émissions et de pertes d'azote ainsi que des questions de santé et de bien-être animal. Alors que la consommation de viande de porc par habitant a légèrement diminué, la consommation mondiale a augmenté en raison de la hausse de la consommation dans les pays émergents et de la croissance démographique, y compris en Suisse. Par ailleurs, la consommation de viande de volaille ne cesse d'augmenter. Cette augmentation de la demande ne s'accompagne toutefois pas d'une hausse du prix des produits. Associée à l'augmentation des prescriptions légales, cette situation met les producteurs sous une forte pression économique, car les coûts de production sont à peine couverts. Afin d'améliorer la durabilité de la production de viande de porc et de volailles, il est essentiel de réduire la dépendance vis-à-vis des importations d'aliments pour animaux, qui constituent le principal facteur des coûts de production. L'évaluation d'aliments pour animaux alternatifs et produits en Suisse est nécessaire. Les consommateurs suisses exigent en outre des normes élevées en termes de protection des animaux et d'élevage dans la production. Les systèmes d'élevage des porcs et de la volaille doivent donc être développés pour répondre aux exigences en matière de bien-être et de santé animal. L'élevage de porcs et de volaille est associé aux émissions et aux pertes d’éléments nutritifs, en particulier les régions dans lesquelles la production de porcs et de volailles est élevée. Aussi, la mise en œuvre des trajectoires de réduction et la réalisation des objectifs environnementaux sont-elles plus difficiles. Malgré la digestibilité élevée des rations standard pour les porcs et les volailles (80 % des matières organiques ingérées sont absorbées), la réduction des effets négatifs sur l'environnement (protection des sols, eau) reste à l’avenir une tâche essentielle pour mettre en place des systèmes de production porcine et avicole durables. Le développement et l'utilisation d'aliments qui limitent l'excrétion d’éléments nutritifs sans nuire à la santé et au bien-être des animaux ni à la qualité des produits constituent donc une priorité à l'avenir. Le défi consiste à trouver un équilibre entre l'optimisation des besoins nutritionnels des animaux, la limitation des excrétions et des pertes et le maintien du bien-être et de la santé animale. Dans le cadre du développement des systèmes de production de viande de porc et de volaille, l'accent est mis sur plusieurs domaines clés. Il s'agit notamment de la durabilité, qui englobe l'impact environnemental sur le sol, l'eau, l'air et la biodiversité. La santé animale et humaine fait également l'objet d'une attention particulière, avec des questions telles que la morbidité et la mortalité des animaux ainsi que le problème de la résistance aux antibiotiques. En outre, le bien-être animal et la qualité des produits sont d'une importance capitale dans ces développements.
17 - Détention, utilisation et élevage durables et multifonctionnels des équidés
L'élevage de chevaux est en concurrence avec la production alimentaire (production végétale ou ruminants). Il présente cependant un potentiel de services écosystémiques plus élevé que ces activités agricoles clés, car l'utilisation de surfaces écologiques est mieux adaptée aux équidés et permet de compenser les revenus de production plus faibles issus de ces surfaces. L'élevage de chevaux génère en Suisse un chiffre d'affaires d'environ 2 milliards de francs par an, dont une part importante est liée aux prestations de travail et à la production de fourrage dans les exploitations agricoles. L'élevage d'équidés permet ainsi aux exploitations de diversifier leurs activités et de générer un revenu régulier et planifiable grâce à la garde de chevaux (pensions pour chevaux). La législation, la sensibilité croissante des propriétaires de chevaux et les exigences de la société rendent toutefois nécessaire la recherche de solutions applicable dans la pratique pour une détention moderne des équidés. Outre la promotion de la santé des animaux, il est nécessaire d'augmenter la rentabilité, notamment en réduisant la charge de travail, et de diminuer les effets négatifs sur l'environnement, tels que la perte de sol et la consommation des ressources, ainsi que de promouvoir la biodiversité. En outre, les propriétaires demandent de plus en plus des systèmes de détention adaptés aux espèces et le maintien en bonne santé des chevaux jusqu'à un âge avancé. De nombreuses questions relatives au mode de détention, à l'aménagement des écuries, aux maladies liées à l'alimentation, à l'apparition accrue d'endo et d'ectoparasites en raison du changement climatique préoccupent la filière.
18 - Des abeilles saines pour une pollinisation efficiente
Tant les abeilles mellifères que les abeilles sauvages jouent un rôle important dans le fonctionnement des agroécosystèmes et fournissent des services écosystémiques indispensables - tels que la pollinisation - et d’une grande valeur économique pour l'agriculture suisse. Le rendement de nombreuses cultures agricoles, notamment celles dont la demande augmente, dépend d'une pollinisation suffisante et stable, assurée principalement par les abeilles mellifères et sauvages. Toutefois, aussi bien les abeilles mellifères que les abeilles sauvages sont mises sous pression par différents facteurs tels que la perte d'habitat, les pratiques culturales qui leur sont défavorables, les pesticides, les maladies, les nouveaux agents pathogènes et le changement climatique, ce qui a des répercussions sur la pollinisation. Pour contrer ces facteurs, il convient de développer et d'expérimenter des mesures efficientes pour préserver et soutenir de manière ciblée les populations d'abeilles sauvages et les colonies d'abeilles mellifères et de le maintenir en bonne santé.
19 - Systèmes de production agro-écologiques pour la production végétale
En Suisse, le système de production agricole dominant est celui qui fonctionne selon les prestations écologiques requises (PER). Ce système de production présente des avantages en termes de rendement, mais aussi des failles au niveau écologique. Les systèmes de production labellisés tels que l’agriculture biologique sont plus respectueux de l’environnement, mais se heurtent à des limites de structure des coûts et de rendement. Une agriculture orientée vers l’agro-écologie implique de développer les systèmes de production dans le domaine de la production végétale tout en favorisant une utilisation régénérative des ressources naturelles et en combinant les connaissances traditionnelles avec les nouvelles découvertes scientifiques, afin d’atteindre à la fois les objectifs de sécurité de l’approvisionnement, de la stratégie sur le climat et de l’alimentation 2050 ainsi que les objectifs environnementaux. Dans ce contexte, il faut en outre faire en sorte de pouvoir réaliser les trajectoires de réduction des produits phytosanitaires et des éléments nutritifs. L’élargissement de la rotations des cultures, l’intégration de sous-semis et de cultures intermédiaires, les mélanges de variétés et d’espèces adaptés au site, les stratégies de culture («couvert vert», systèmes de broyat de végétaux, Strip Farming, cultures associées ou autres systèmes agroforestiers), les bandes fleuries, les stratégies optimisées de fertilisation et de protection des plantes ainsi qu’une intégration optimale des systèmes de production animale et végétale au sein de l’exploitation sont autant d’approches intégratives étudiées pour développer de meilleurs systèmes de production. Le maintien et l’amélioration de la fonctionnalité et des performances des systèmes de production sont au premier plan ainsi que leur résilience face aux facteurs de stress abiotiques et biotiques.
20 - Mise en réseau (locale, régionale) au niveau du paysage - impact de l’agriculture sur le paysage
Plus d’un tiers de la superficie de la Suisse est utilisée à des fins agricoles (surface agricole utile, territoire d’estivage). La couverture et l’utilisation du sol dans la zone agricole, en interaction avec les autres utilisations du sol, déterminent les flux d’eau, de matière et d’énergie dans le paysage ainsi que la perception du paysage par la population. La biodiversité dépend également dans une large mesure de la composition du paysage (agricole) ainsi que de l’agencement spatial des différents éléments du paysage. Les connaissances dont nous disposons sur ces interactions sont de plus en plus importantes et sont également utilisées pour prendre des mesures politiques (agricoles) (infrastructure écologique, espace aquatique, projets de mise en réseau, mesures d’amélioration structurelle, aides à la décision). Tout est alors une question d’équilibre des intérêts (synergies et conflits d’objectifs) entre les objectifs de production agricole et la protection des ressources ou leurs limites naturelles. Des recherches sont nécessaires pour identifier des solutions durables afin de réduire autant que possible les «Trade-offs». Cela concerne d’une part les systèmes de culture innovants et l’aménagement de paysages agricoles qui permettent une agriculture productive en harmonie avec la protection des ressources naturelles (c’est-à-dire la biodiversité en surface et en sous-sol), mais aussi et d’autre part, l’interface entre la promotion au niveau de l’exploitation et la promotion efficace de la biodiversité régionale et de la qualité du paysage qui doit être bien comprise. La gestion des terres étant assurée par des parties prenantes très diverses, la planification et l’aménagement stratégiques du paysage ne peuvent être menés à bien qu’en étroite interaction avec celles-ci. A cet effet, des «Enabling Processes» comme un apprentissage commun, des discussions multipartites et des solutions en co-conception sont essentiels.
21 - Trajectoire de réduction des éléments nutritifs: Utilisation durable des éléments nutritifs dans le système agricole suisse
La politique agricole actuelle de la Suisse prévoit, avec la «trajectoire de réduction des éléments nutritifs», une réduction des pertes d’éléments nutritifs dans l’agriculture à hauteur de 15 % pour l’azote et de 20 % pour le phosphore à l’horizon 2030. Des possibilités d’action réalistes, pratiques et économiques doivent être présentées aux exploitations, aux services de conseil agricole et aux groupements d’intérêts afin d’atteindre ces objectifs dans le délai fixé. Pour ce faire, il est nécessaire de consolider et de communiquer les connaissances déjà connues («current state») ainsi que de compléter et de développer les outils de conseil et d’évaluation («state of the art»).
22 - Trajectoire de réduction des produits phytosanitaires: bases pour une réduction durable des risques liés aux produits phytosanitaires et sa mise en œuvre dans la pratique et la politique agricole
Les produits phytosanitaires (PPh) sont utilisés dans l’agriculture pour protéger les cultures et leurs produits, mais aussi dans la forêt ou pour l’entretien des espaces verts publics et privés ainsi que pour l’entretien des infrastructures ferroviaires et routières. Les PPh ne restent toutefois pas exclusivement à l’intérieur de la surface traitée, mais peuvent atteindre d’autres zones de l’environnement par différentes voies et y avoir des effets indésirables sur les organismes vivants ou sur la qualité des eaux souterraines et de l’eau potable. Pour contrer les effets potentiels des produits phytosanitaires de synthèse sur l’environnement, le Conseil fédéral a adopté en 2017 le «Plan d’action visant à la réduction des risques et à l’utilisation durable des produits phytosanitaires». À la suite de l’initiative parlementaire 19.475 «Réduire le risque de l’utilisation de pesticides», la «Loi fédérale sur la réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides» a été adoptée par le Parlement en 2021 et est entrée en vigueur le 1er janvier 2023. Pour la mise en œuvre de la trajectoire de réduction des PPh et de l’initiative parlementaire 19.475, différentes mesures ont été introduites pour interdire l’utilisation de PPh ou pour limiter ou renoncer volontairement à leur utilisation, tout en renforçant les modalités d’application. L’objectif de toutes ces mesures est de réduire les risques pour les organismes présents dans les eaux de surface et les habitats semi-naturels ainsi que pour les eaux souterraines, tout en préservant le rendement et la qualité des produits récoltés. La mise en œuvre est exigeante et fait naître de nouveaux défis, par exemple la protection insuffisante des cultures en raison de l’abandon de PPh efficaces ou la diminution de l’efficacité due au développement de résistances, ce qui entraîne des pertes tant qualitatives que quantitatives pour les récoltes.
23 - Préservation et promotion de la biodiversité et de ses bénéfices pour l’agriculture
L’agriculture porte une grande responsabilité dans la conservation et la promotion ciblées de la biodiversité en Suisse. Un grand nombre d’espèces dépendent des habitats situés dans des zones exploitées de manière extensive dans le paysage agricole, notamment pour une partie de leur cycle de vie. Nous connaissons les déficits actuels et il existe des objectifs concrets de la Confédération pour la conservation de la biodiversité dans l’agriculture (notamment les objectifs environnementaux pour l’agriculture, OEA). Des mesures de promotion de la biodiversité sont mises en œuvre et développées depuis plus de 20 ans (par ex. dans le cadre des surfaces et des contributions de promotion de la biodiversité, d’une exploitation adaptée, de nouveaux systèmes de culture plus respectueux de la biodiversité, etc.). Jusqu’à présent, les OEA n’ont toutefois pas été atteints ou ne l’ont été que partiellement.
24 - Stratégie Climat: réduction des émissions de GES et co-bénéfices de l’adaptation / contribution de l’agriculture aux objectifs climatiques
La part de l’agriculture dans les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de la Suisse est actuellement d’environ 14,3%. Cette part regroupe les émissions de GES provenant de l’élevage, de l’utilisation d’engrais et de la consommation d’énergie (le méthane et le protoxyde d’azote en constituent la plus grande partie), mais aussi des émissions de CO2 provenant principalement des sols organiques. Conformément à l’accord de Paris, la Stratégie Climat pour l’agriculture et l’alimentation 2050 de l’OFAG prévoit de réduire les émissions de GES d’au moins 40 % par rapport à 1990. À court terme, l’objectif est de réduire l’empreinte des GES dans le secteur alimentaire par habitant d’au moins 25 % d’ici à 2030 par rapport à 2020. Pour atteindre cet objectif ambitieux, des mesures techniques et structurelles sont proposées par les offices fédéraux. Outre les mesures de réduction du méthane et du protoxyde d’azote, les émissions négatives (notamment les puits de carbone naturels durables) jouent également un rôle important.
25 - Utilisation efficiente de l’eau
À l’avenir, l’évaporation potentielle augmentera sous l’effet du réchauffement climatique croissant. Si les précipitations en été diminuent simultanément pendant la période de végétation, la disponibilité de l’eau pour les cultures sera considérablement réduite. L’adaptation au changement climatique et l’augmentation de la résilience climatique sont essentielles pour pouvoir assurer, à l’avenir aussi, la production alimentaire.
26 - Des aliments sains pour une alimentation saine (SwissDiet)
Une consommation alimentaire saine et durable doit être encouragée en facilitant le choix d’aliments produits selon les principes de la durabilité, en promouvant des modèles alimentaires sains et en réduisant le gaspillage alimentaire. «SwissDiet» va utiliser les méthodes les plus modernes des sciences alimentaires et nutritionnelles pour identifier les effets et les interactions des différents aliments consommés en Suisse sur l’organisme humain et les effets qui en résultent sur la santé. L’examen porte ici sur la manière de combiner les aliments traditionnels avec de nouveaux aliments, en mettant l’accent sur les produits agricoles «Made in Switzerland». Une caractérisation précise des profils nutritionnels des aliments par rapport aux besoins alimentaires de la population permettra d’optimiser les aliments produits en Suisse afin de répondre aux besoins d’une alimentation plus saine. Grâce à une approche translationnelle incluant la modélisation in silico, des études in vitro, l’expérimentation animale, des études interventionnelles sur l’homme et l’épidémiologie, il est possible d’évaluer les caractéristiques des modèles alimentaires suisses, depuis leur mécanisme jusqu’à leur impact sur la population. La combinaison des mesures de précision de l’alimentation (par ex. enregistrement photographique de la prise alimentaire ou capteurs) avec différents marqueurs cellulaires qui influencent l’alimentation ou sont influencés par celle-ci (y compris la génomique, la transcriptomique, la protéomique, la métabolomique, la métagénomique) permet de modéliser les effets de l’alimentation de manière plus précise et plus spécifique que les méthodes traditionnelles. Les besoins nutritionnels spécifiques de la population et de ses sous-groupes sont pris en compte dans cette approche. Pour l’agriculture, il est essentiel d’identifier rapidement les changements d’habitudes alimentaires, car ils déterminent la demande et, en fin de compte, la production de denrées alimentaires et la valeur ajoutée correspondante.
27 - Sécurité alimentaire - identifier, comprendre et réduire les risques
Les maladies d’origine alimentaire touchent des personnes dans le monde entier et peuvent entraîner des dommages économiques importants. Outre l’apparition de nouveaux agents pathogènes, il convient de tenir particulièrement compte de l’émergence croissante de germes résistants aux antibiotiques et persistants dans les chaînes alimentaires animales et végétales. Dans le secteur agroalimentaire, cette problématique soulève plusieurs questions: d’une part, comment détecter à temps les germes pathogènes, existants et nouveaux, ainsi que les germes résistants aux antibiotiques et comment adapter les concepts de sécurité dans la production, la transformation et la distribution, et d’autre part, comment l’introduction et la propagation de résistances aux antibiotiques et de persistances le long de chaînes de valeur sélectionnées peuvent être documentées, avec quelles mesures de prévention celles-ci peuvent être limitées et comment la présence de micro-organismes pathogènes ainsi que de leurs toxines (par ex. mycotoxines) peut être réduite dans les produits agricoles et les denrées alimentaires.
28 - Analyse des risques pour l’environnement des nouveaux organismes et des nouvelles technologies agricoles - impact sur la biodiversité fonctionnelle
L’agriculture est sans cesse confrontée à de nouveaux défis, dus notamment à l’apparition de nouvelles espèces invasives et ravageuses, à l’abandon de produits phytosanitaires (PPh) efficaces ou aux conséquences du changement climatique. Outre les stratégies de lutte existantes, comme l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques, l’innovation et la technologie offrent de nouvelles approches pour relever ces défis.
29 - Bases pour la sélection, recherche sur les variétés, les semences et les micro-organismes
L’évolution du secteur agro-alimentaire, avec les nouvelles exigences imposées aux systèmes de production par le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles et la réduction des moyens auxiliaires tels que les produits phytosanitaires, les engrais chimiques ou les aliments concentrés, implique de trouver de plus en plus rapidement des solutions durables et respectueuses de l’environnement. La sélection de plantes et d’animaux d’élevage efficients est l’une des stratégies les plus importantes dans le développement de systèmes de production performants et agro-écologiques et pour une production végétale et animale économe en ressources et adaptée aux conditions locales. Dans ce contexte, la conservation et la disponibilité de ressources génétiques bien caractérisées sont fondamentales pour une sélection animale et végétale réussie, afin de développer de nouvelles caractéristiques et de pouvoir réagir rapidement à l’évolution des conditions environnementales et des exigences. Dans ce domaine, les micro-organismes jouent aussi un rôle important, par leurs interactions avec les plantes et les animaux et par les effets aussi bien positifs que négatifs qu’ils peuvent avoir sur ceux-ci. Les grands progrès de la recherche sur le génome et le développement de nouvelles technologies permettant d’utiliser ces connaissances dans la pratique ont déjà permis de faire progresser la sélection des plantes et des animaux et d’élargir considérablement la compréhension des interactions des micro-organismes avec les animaux, les plantes et l’homme. Pour pouvoir poursuivre à l’avenir les avancées dont nous avons urgemment besoin en matière de sélection, il est nécessaire de relier des phénotypes déterminés avec précision à des informations génomiques étendues et de développer de nouvelles approches statistiques et bioinformatiques qui, dans de nombreux cas, sont utilisables de la même manière pour tous les organismes et peuvent être rapidement transférées. En parallèle, les nouvelles méthodes doivent contribuer à une compréhension approfondie des interactions génotype x environnement.
30 - Bases pour la protection et la santé des plantes
Les organismes nuisibles peuvent provoquer des baisses de rendement considérables dans la production végétale, pouvant aller jusqu’à des pertes totales selon les cultures. Le paysage agricole et les ravageurs évoluent en permanence. La connaissance de la biologie et de l’épidémiologie des organismes nuisibles associée à l’agro-écosystème est essentielle pour développer des solutions et des stratégies phytosanitaires durables au niveau de la parcelle et de la rotation de cultures. La protection des cultures doit relever de grands défis: avec le changement climatique et du commerce international, de nouveaux organismes nuisibles (invasifs) apparaissent et causent des problèmes. Beaucoup de substances actives de produits phytosanitaires (PPh) ont perdu leur autorisation de mise sur le marché en raison de leurs propriétés problématiques et ne sont donc plus disponibles ou, comme c’est le cas du cuivre, ne sont plus utilisables que de manière fortement limitée (4 kg/ha/an). Sans contre-mesures, cela entraîne des lacunes dans l’efficacité (par exemple contre les maladies bactériennes), aggrave le problème de la résistance et met en péril la protection des cultures. Le Plan d’action national (PAN) sur les PPh vise à réduire de moitié les risques dus aux PPh. La mise en œuvre est exigeante, notamment parce qu’aucune alternative n’est actuellement disponible pour de nombreuses applications. Les stratégies de protection des végétaux sont développées selon les principes de la pyramide phytosanitaire, avec une priorité accordée aux mesures préventives. La «towards zero pesticide EU alliance» se donne pour objectif le développement d’alternatives durables et d’agro-écosystèmes pouvant se passer autant que possible de la protection phytosanitaire directe. Aujourd’hui, il apparaît cependant clairement que la réalisation de cet objectif prendra du temps et que des alternatives efficaces, respectueuses de l’environnement et économiquement viables devront être mises en place. Il existe actuellement des lacunes et des défis considérables dans les domaines (i) de la connaissance de la biologie et de l’épidémiologie des (nouveaux) agents pathogènes et de leurs interactions avec les cultures et l’environnement en pleine mutation, (ii) de la reconnaissance et de l’utilisation systématique du potentiel de la biodiversité fonctionnelle, (iii) du développement et de l’introduction de nouveaux PPh non problématiques ainsi que d’outils et de techniques de protection des cultures. Cela inclut aussi les mesures visant à améliorer les techniques d’application et la mise à disposition de systèmes de prévision, (iv) des méthodes efficaces pour assurer la qualité des semences et des plants, ainsi qu’un (v) transfert efficace de technologies et de connaissances vers la Confédération, les cantons, les producteurs et les prestataires de services du secteur privé. Afin de répondre aux priorités du terrain à court et à moyen terme, il est important que les activités de recherche se concentrent sur les ravageurs les plus importants pour la pratique et les filières, les cultures prioritaires et les approches les plus prometteuses, tout en tenant compte des contributions potentielles d’autres organisations de recherche en Suisse et à l’étranger.
31 - Tâches légales Santé des plantes et produits phytosanitaires: expertise, diagnostic et bases pour l’exécution
Pflanzenschutzmittel (PSM) sind Produkte, die zum Schutz der Pflanzen gegen Schadorganismen oder zur Bekämpfung von Unkräutern eingesetzt werden. Vor ihrer Zulassung werden Pflanzenschutzmittel auf ihre Wirkung und Nebenwirkungen geprüft; zugelassene PSM werden zudem regelmässig überprüft. Agroscope unterstützt das BLV, BLW und BAFU bei der Beurteilung von PSM, führt die Marktkontrolle von PSM durch und unterstützt die Registrierung und Zulassung von Biozidprodukten. Im Rahmen des Zulassungsverfahrens werden sie auf ihre Wirkung und Nebenwirkungen geprüft. Sie können bewilligt werden, wenn ihre AnwLes produits phytosanitaires (PPh) sont des produits utilisés pour protéger les plantes contre les organismes nuisibles ou pour lutter contre les mauvaises herbes. Avant d’être autorisés, les produits phytosanitaires sont testés pour déterminer leur efficacité et leurs effets secondaires; les PPh autorisés sont en outre régulièrement contrôlés. Agroscope apporte son soutien à l’OSAV, à l’OFAG et à l’OFEV dans l’évaluation des PPh, effectue le contrôle du marché des PPh et contribue à l’enregistrement et à l’autorisation des produits biocides. Leur efficacité et leurs effets secondaires sont testés dans le cadre de la procédure d’autorisation. Ils peuvent être autorisés si leur utilisation n’a pas d’effets secondaires inacceptables sur l’homme, l’animal et l’environnement. La santé des plantes et l’utilisation des PPh font l’objet d’une attention particulière de la part du public et des responsables politiques. Des exigences élevées de sécurité et de protection des cultures doivent être remplies pour l’application. Les défis croissants dans le domaine de la protection des plantes (nouveaux agents pathogènes, suppression de PPh) exigent que les propriétés problématiques soient rapidement identifiées et que des alternatives innovantes et sûres puissent être rapidement mises en pratique. Les méthodes d’évaluation des risques ainsi que les méthodes d’analyse sont perfectionnées en permanence et adaptées aux connaissances les plus récentes.
32 - Optimisation des fonctions du sol pour une production végétale durable
Élément fondamental de la production agricole, le sol remplit une multitude de fonctions. Outre la fertilisation, il est une source essentielle d’éléments nutritifs pour les plantes cultivées. Par ailleurs, les sols stockent et régulent l’eau des écosystèmes agricoles et garantissent la régulation des échanges gazeux avec l’atmosphère. Le sol est un important réservoir de carbone - une fonction écosystémique qui, au-delà de la production, est importante pour la société (atténuation du changement climatique). En outre, le sol est l’habitat le plus riche en espèces: deux tiers de toutes les espèces connues vivent dans le sol.
33 - Biodiversité et fonctions des écosystèmes dans le paysage agricole
En Suisse, une grande partie de la biodiversité se trouve dans le paysage agricole et dépend des conditions de vie qui y sont offertes. Parallèlement, l’agriculture dépend de diverses manières des «services» rendus par la biodiversité qui soutiennent la production agricole. Au premier plan figurent la pollinisation des cultures agricoles par les insectes, la régulation des insectes nuisibles par leurs ennemis naturels et le maintien de la fertilité des sols par les invertébrés et les micro-organismes. Si l’importance de ces services est largement reconnue, le lien entre la biodiversité et les services qui en découlent pour l’agriculture reste en partie mal compris. Ces fonctions et la biodiversité sont toutefois soumises à la pression de multiples facteurs de stress tels que la perte d’habitats dues à des méthodes de culture et d’exploitation défavorables ou à l’urbanisation, aux produits phytosanitaires, à l’introduction de maladies et d’espèces invasives, à la pollution (par ex. pollution lumineuse) ou au changement climatique. Une meilleure compréhension de ces facteurs et de leurs interactions est une condition préalable à l’élaboration de mesures efficaces et efficientes pour maintenir et promouvoir la biodiversité, ses fonctions et ses services écosystémiques.
34 - Exploiter le potentiel de la numérisation dans l’agriculture et l’industrie alimentaire
La numérisation se déploie de plus en plus la recherche et la pratique agricole. Elle est depuis longtemps une évidence dans de nombreux domaines. Les technologies numériques peuvent grandement contribuer au développement de systèmes agricoles et alimentaires plus durables et efficients. Les principaux domaines comprennent actuellement la collecte de données, l’analyse et la modélisation, qui gagnent encore en importance grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Le développement rapide de nouveaux capteurs pour mesurer les différents états de la plante, de l’animal et de l’environnement est à la base d’une meilleure compréhension des systèmes de production. Progressivement, les données génomiques ou le phénotypage peuvent également être utilisés dans la recherche appliquée et dans la pratique. Outre la collecte de certaines données spécifiques, la tendance actuelle s’oriente fortement vers des plateformes centrales qui réunissent les données les plus diverses et génèrent ainsi de nouvelles valeurs ajoutées et de nouveaux services. Les plateformes utilisées dans la pratique, comme DigiFLUX, barto, etc., deviennent des sources de données importantes pour la recherche et l’administration. Le module «MAUS» a par exemple permis d’initier le prototype d’un nouveau monitoring agro-environnemental. Ces plateformes vont jouer un rôle important dans la mise en œuvre des trajectoires de réduction et il convient de poursuivre ces développements en bonne concertation. De nouvelles sources de données, des réseaux de bases de données étendus et fiables ainsi qu’une répartition efficiente du travail sont essentiels pour qu’Agroscope puisse exploiter ce grand potentiel. Dans ce contexte, une utilisation responsable des données et des technologies doit être garantie si l’on veut en exploiter le potentiel de manière judicieuse et éviter de porter préjudice aux utilisateurs. Des développements problématiques peuvent en outre compromettre l’acceptation des outils numériques et entraver ainsi leur utilisation à grande échelle.
35 - Analyse de la durabilité - développement d’indicateurs
L’agriculture et le secteur alimentaire remplissent des fonctions très diverses, telles que la fourniture de denrées alimentaires, la création d’emplois, l’entretien du paysage rural et la garantie de services écosystémiques (par ex. la pollinisation).
36 - Sciences des données spatiales et IA pour l’analyse des agro-écosystèmes sous l’influence du changement climatique et des modifications de l’utilisation des terres
Si l’activité agricole se concentre sur des espaces restreints, à l’échelle de l’exploitation et de la parcelle, elle s’inscrit néanmoins dans le paysage et interagit en permanence avec la surface agricole élargie et l’environnement général (forêts, réserves naturelles, zones d’habitat). Les effets à petite échelle des pratiques agricoles sur les parcelles peuvent être relativement bien étudiés et représentés par la recherche dans un cadre expérimental. Alors que la recherche dans un cadre expérimental a fourni de nombreux aperçus des processus agro-écologiques, il nous manque encore des informations essentielles pour comprendre les processus et les impacts à l’échelle régionale, en particulier lorsque les pratiques agronomiques (production, mesures de promotion de la biodiversité) sont appliquées à un ensemble d’exploitations et à grande échelle. L’observation et la compréhension des effets d’échelle dans l’environnement complexe du 'monde réel' sont toutefois d’une urgente nécessité afin d’identifier à temps les effets secondaires indésirables et d’orienter et documenter les bénéfices des mesures de soutien. Les études empiriques, en particulier les observations à long terme et les contrôles de l’efficacité sur le terrain, sont très coûteuses et, parallèlement, la charge administrative pour prouver les mesures soutenues par les paiements directs est considérable. Il est donc important d’évaluer efficacement et à moindre coût l’impact des pratiques agronomiques sur la production et l’environnement au niveau du paysage et de réduire ainsi les charges administratives et de suivi sur le terrain.
37 - Monitoring et analyse du revenu
L'administration, la vulgarisation et la pratique ont besoin de données de haute qualité concernant l'économie d'entreprise et l'économie du travail comme base pour les décisions opérationnelles et politiques. Parallèlement, la recherche a besoin de ces ensembles de données pour ses analyses et ses outils, qui servent à leur tour à créer des preuves scientifiques pour les décideurs politiques ainsi que pour la vulgarisation et la pratique. Ces ensembles ou bases de données comprennent (i) les données microéconomiques du Dépouillement centralisé des données comptables (DC-Cta), (ii) le recueil de données relative à l'économie du travail et (iii) le catalogue des coûts, qui sont détaillés ci-dessous.
38 - Analyse globale de la durabilité et concepts agro-écologiques - intégration et application des concepts, outils et analyse «Trade-off»
Malgré les mesures les plus diverses, certains objectifs environnementaux de l'agriculture n'ont pas encore pu être atteints, les revenus moyens des exploitations familiales suisses sont inférieurs à ceux du groupe de comparaison et on sait peu de choses sur la durabilité sociale dans l'agriculture suisse. La société exige des informations fiables sur la durabilité des denrées alimentaires et le secteur privé exerce une pression tout au long des chaînes de création de valeur afin de rester compétitif face à la concurrence croissante en matière de durabilité. De nombreuses innovations techniques sont proposées, dont les avantages doivent être évalués en termes de durabilité. Pour rendre l'agriculture plus durable et assurer la sécurité alimentaire, il faut une production alimentaire ayant un impact environnemental aussi faible que possible, générant un revenu suffisant et répondant à différents critères de durabilité sociale, par exemple en ce qui concerne la charge de travail. Le caractère durable d'un produit, d'une technologie, d'une exploitation ou d'un secteur dépend des décisions prises par les chefs d'exploitation, décisions qui sont à leur tour influencées par les conditions techniques de production et les conditions naturelles, l'évolution du marché, les conditions-cadre politiques et les réseaux sociaux. Or, il peut y avoir des conflits d'objectifs entre différentes dimensions de la durabilité ou de l’impact sur l’environnement, même si des synergies sont également possibles. Une évaluation globale de la durabilité au niveau de l'exploitation, du produit et du secteur constitue la base du développement de l'agriculture suisse. L'utilisation d'indicateurs des différentes dimensions de la durabilité permet d'évaluer des systèmes de production existants ou d’en concevoir des nouveaux. Selon les problématiques, différents concepts existants et les outils développés à cet effet (p. ex. Tool for Agroecology Performance Evaluation, TAPE) sont appliqués, par exemple dans le cadre d'évaluations de la durabilité, d'analyses agroécologiques ou de développements de nouvelles technologies et de systèmes de production «Responsible Research and Innovation» ou aussi dans FMIS. A cet effet, les modèles SALCA, LabourScope et les indicateurs sociaux de la durabilité ainsi que les ensembles d'indicateurs pour l'évaluation agro-écologique développés par Agroscope sont utilisés et évalués dans des questions actuelles de l'agriculture et de l'industrie alimentaire.
39 - Monitoring du système agro-environnemental - évaluer l'impact sur l’environnement
Pour le développement de la politique agricole, il est important de connaître l'impact de l'agriculture sur l'environnement. C'est pourquoi l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) et Agroscope, sur la base de l'"Ordonnance sur l'évaluation de la durabilité de l'agriculture" (RS 919.118), réalisent un monitoring agro-environnemental. Celui-ci met l’accent sur les pratiques et les processus agricoles (p. ex. applications de produits phytosanitaires), tandis que d'autres programmes de monitoring mesurent la pollution réelle de l'environnement (p. ex. mesure des métabolites dans les eaux souterraines). Le monitoring agro-environnemental porte sur les éléments nutritifs, le sol, l'énergie, le climat, l'eau et la biodiversité. Ses résultats permettent de vérifier les objectifs politiques tels que les trajectoires de réduction des éléments nutritifs et des produits phytosanitaires. Des indicateurs nationaux, basés principalement sur des statistiques nationales, ainsi que des indicateurs régionaux, basés principalement sur des données spécifiques à l'exploitation sont calculés. Le monitoring du système agro-environnemental suisse (MAUS) est notamment responsable de ces derniers. MAUS rassemble et relie de nombreuses sources de données existantes, par exemple les données AGIS et HODUFLU de l'OFAG, les données d'utilisation géoréférencées des cantons et les données relatives au rendement de différentes associations. Des données qui n'existent pas déjà ailleurs et qui ne sont pas accessibles sont collectées selon trois méthodes différentes: 1) des données des systèmes d'information sur la gestion des exploitations agricoles peuvent être envoyées à Agroscope sur une base volontaire au moyen de modules spécialement programmés à cet effet; 2) des informations importantes sont obtenues à partir de données satellites au moyen d'algorithmes (p. ex. couverture du sol); 3) des données pertinentes concernant l'ensemble de l'exploitation sont collectées au moyen d'enquêtes en ligne. Les résultats de MAUS peuvent également être utilisés, dans une mesure limitée, pour évaluer l'impact environnemental de scénarios du système agricole (p. ex. modification du cheptel).
40 - Monitoring des sols
Le sol est une ressource limitée, soumise à des facteurs d'influence tant naturels qu'anthropiques. Son utilisation agricole, en particulier, joue un rôle décisif dans les changements à long terme de son état. Les risques les plus importants sont la perte de matière organique, le compactage, la pollution anthropique et le recul de la biodiversité. Ces changements peuvent porter atteinte aux fonctions du sol et donc limiter leur utilité. Le sol est en outre un système inerte dont les changements ne peuvent être enregistrés que sur de longues périodes (au minimum 5, voire 10 ans). Pour identifier rapidement les dangers et les tendances, il est donc nécessaire d'observer les sols à long terme sur des sites représentatifs présentant les conditions pédoclimatiques caractéristiques de la Suisse. Pour une compréhension approfondie de la réaction du système pédologique et de son implication dans les fonctions du sol, il est essentiel de procéder à un relevé complet des propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol, mais aussi des informations environnementales et de gestion. Une approche globale du système sol permet de quantifier les changements dans les propriétés des sols et d'identifier leurs facteurs d'influence.
41 - Monitoring de la biodiversité
Pour être en mesure de prendre des décisions éclairées sur la protection et la promotion de la biodiversité dans l'espace agricole, il faut connaître son état et son évolution ainsi que les effets des mesures d'exploitation. Sur mandat de l'OFAG et de l'OFEV, Agroscope réalise le monitoring de la biodiversité dans le paysage agricole (ALL-EMA), le développe sur le plan méthodologique et traite les demandes émanant des politiques, de l’administration et des scientifiques dans le contexte du monitoring de la biodiversité.
42 - Stations d'essais - recherche avec la pratique basée sur des priorités régionales
L'agriculture est confrontée à des défis très spécifiques dans les différentes régions de Suisse en raison de l'évolution des conditions-cadre réglementaires (trajectoires de réduction), naturelles (changement climatique), spécifiques à la production ou dictées par le marché.




































