L’agriculture porte une grande responsabilité dans la conservation et la promotion ciblées de la biodiversité en Suisse. Un grand nombre d’espèces dépendent des habitats situés dans des zones exploitées de manière extensive dans le paysage agricole, notamment pour une partie de leur cycle de vie. Nous connaissons les déficits actuels et il existe des objectifs concrets de la Confédération pour la conservation de la biodiversité dans l’agriculture (notamment les objectifs environnementaux pour l’agriculture, OEA). Des mesures de promotion de la biodiversité sont mises en œuvre et développées depuis plus de 20 ans (par ex. dans le cadre des surfaces et des contributions de promotion de la biodiversité, d’une exploitation adaptée, de nouveaux systèmes de culture plus respectueux de la biodiversité, etc.). Jusqu’à présent, les OEA n’ont toutefois pas été atteints ou ne l’ont été que partiellement.
La préservation et la promotion de la biodiversité sont également essentielles pour une agriculture durable et résiliente. Celle-ci dépend de diverses manières des «services» des organismes vivants qui favorisent la production agricole. Les pollinisateurs sauvages, par exemple, fournissent des services de pollinisation indispensables et d’une grande valeur économique. Dans les écosystèmes agricoles intacts, les antagonistes naturels assurent environ la moitié de la régulation des ravageurs. Les micro-organismes (par ex. les bactéries et les champignons) ainsi que les invertébrés jouent un rôle central dans le maintien de la fertilité du sol et la formation de matière organique ainsi que dans le stockage du carbone. Dans la pratique, ces services écosystémiques de la biodiversité fonctionnelle sont souvent considérés comme «allant de soi» et les mesures visant à les promouvoir ne sont pas prioritaires. Les mesures de promotion de la biodiversité peuvent être coûteuses et difficiles à mettre en œuvre. Elles devraient donc présenter un excellent rapport coûts/bénéfices, avoir un impact visible, être aisées à mettre en pratique et pouvoir être encouragées à un coût raisonnable par le biais des mesures de paiements directs. Ces mesures devraient donc être adaptées à une promotion de la biodiversité plus simple et axée sur les résultats ou les objectifs dans le système des paiements directs.
L’un des principaux défis d’une agriculture durable est de développer des solutions efficaces, applicables dans la pratique et largement acceptées, qui préservent la biodiversité de manière efficace et efficiente et qui favorisent de manière ciblée les services écosystémiques fournis par la biodiversité. Ces solutions contribuent également à réduire l’utilisation d’intrants aux effets secondaires indésirables, sans pour autant réduire la stabilité et le niveau des rendements. Afin de développer des solutions concrètes adaptées à la pratique et d’augmenter leur acceptation, non seulement la recherche fondamentale est indispensable, mais aussi des projets qui suivent des approches agroécologiques et de co-création.