Scarabée japonais

Popillia japonica

Japankaefer
Grande photo: scarabée japonais sur de la vigne au Piémont, photographe: Cristina Marazzi, KPSD TI. En haut à gauche: scarabée japonais affichant un comportement d’alerte typique.


Le hanneton en provenance du Japon a été capturé pour la première fois en 2017 à la frontière sud de la Suisse. Le premier foyer d’infestation sur sol suisse a été constaté durant l’été 2020 dans le Sud du Tessin. Popillia japonica est réglementé en Suisse comme dans l’UE en tant qu’organisme de quarantaine. Toute infestation est par conséquent soumise à l’annonce et à des mesures de lutte obligatoires.

Le hanneton Popillia japonica en provenance du Japon a été introduit aux Etats-Unis au début du XXe siècle. Il y cause de lourds dommages, ce qui n’est pas le cas au Japon. Dans les années 70, les coléoptères sont apparus pour la première fois en Europe, aux Açores. En 2014, ils ont pu s’établir en Italie, à proximité de Milan. En 2017, les premiers scarabées japonais ont été attrapés à la frontière suisse à l’aide de pièges à appâts. Durant l'été 2020, un premier foyer d’infestation a été détecté dans le Mendrisiotto. En outre, une répartition diffuse du scarabée a été constatée dans de grandes parties du Sottoceneri. Malgré les efforts considérables déployés pour éradiquer l’insecte, les mesures de lutte n'ont pas été couronnées de succès. Le 1er décembre 2020, une zone d’enrayement a été délimitée au sud du Tessin, dans le but d'empêcher la propagation du scarabée japonais.

Comme P. japonica peut causer des dommages considérables, il est considéré comme un organisme de quarantaine en Suisse et dans l'UE. Tout foyer d’infestation doit donc être signalé et faire l’objet de mesures de lutte.

Le scarabée japonais ressemble au hanneton horticole dont la présence en Suisse est connue. Il s’en distingue toutefois par les touffes de soies blanches qu’il a sur le côté et sur le dernier segment abdominal. Ce coléoptère passe du stade de l’œuf à celui de l’animal adulte en l’espace d’une année. Tandis que les vers blancs se nourrissent de préférence de racines d’herbe et par conséquent endommagent les prairies et les surfaces engazonnées, les animaux adultes mangent différentes plantes sauvages et cultivées. Parmi elles, on compte les pommes (Malus spp.), les fruits à noyau (Prunus spp.), la vigne (Vitis spp.), le maïs (Zea mays) et les roses (Rosa spp.). Dans le monde, on compte plus de 300 espèces végétales de familles très diverses parmi les plantes qui lui servent d’hôtes. Les animaux adultes causent des dommages en mangeant les feuilles, les fleurs et les fruits des plantes.

Pour pouvoir lutter efficacement contre P. japonica, il est essentiel d’identifier la présence de l‘insecte à temps. Si le ravageur est déjà établi, son éradication devient difficile. Des pièges avec appâts olfactifs sont posés pour surveiller l’état d’infestation. Actuellement, aucun insecticide n’est autorisé en Suisse pour lutter contre le scarabée japonais. Un essai réalisé par Agroscope a néanmoins montré que les méthodes de lutte biologiques à l’aide de champignons entomopathogènes déjà utilisées contre le hanneton de la St-Jean et le hanneton des jardins (ou hanneton horticole), sont prometteuses. Il serait ainsi possible de lutter contre le scarabée japonais de la même manière que contre le hanneton commun.