Sols organiques

torfhaltiges Bodenprofil

Les sols organiques sont des réserves importantes de carbone. Dans les marais, elles sont le fruit de la décomposition non complète (anaérobie) de tissus végétaux dans des sols saturés en eau. Suite au drainage ou à la dégradation, ces sols deviennent une source importante et durable de CO2.

L’utilisation des sols organiques drainés par les grandes cultures ou les systèmes pastoraux conduit par conséquent à des émissions de ce gaz à effet de serre. En Suisse, à partir du début du 18ème siècle, nombre de marais ont été intensivement drainés ou exploités pour leur tourbe. Les sols organiques qui se sont maintenus jusqu’à aujourd’hui et qui sont en grande partie utilisés par l’agriculture et la sylviculture représentent env. 30’000 ha. Ceux utilisés par l’agriculture sont plus fortement dégradés que les sols dévolus à la forêt.

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Les surfaces de sols organiques en Suisse selon Wüst-Galley et al. 2015

Malgré l’utilisation faite jusqu’ici, env. 30 millions de tonnes de carbone sont encore stockées dans des sols organiques. Cependant, ces derniers perdent du carbone en permanence, dont env. 600'000 tonnes d’équivalent CO2 par année sont à mettre au compte de l’agriculture. Sur un site du Rheintal saint-gallois, nous examinons depuis 2018 si, malgré l’utilisation agricole, le stock de carbone peut être conservé dans des sols organiques grâce à une couverture de sol minéral, ou si la tourbe continue de se décomposer. Pour ce faire, nous analysons plusieurs fois par année l’échange en gaz à effet de serre, de CO2, méthane et protoxyde d’azote.

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Mesures micrométéorologiques des flux de CO2 et de méthane sur un sol tourbeux recouvert

Afin de réduire les émissions de CO2 parfois très élevées des sols organiques, des surfaces sont de plus en plus souvent remises en eau, afin de restaurer l’état d’origine. De telles mesures sont également intéressantes dans le cadre du commerce de certificats CO2. La remise en eau peut même aboutir à un nouveau développement de la tourbe. Grâce à des méthodes moléculaires  modernes, basées sur des isotopes, on examine si l’accumulation de tourbe l’emporte sur sa décomposition et si le sol organique redevient un puits de carbone.

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