Les risques des PPh pour les organismes aquatiques sont calculés au moyen du modèle SYNOPS (Gutsche et Strassemeyer, 2007, de Baan et al. 2020). Le modèle a été adapté à la Suisse et modélise le transport des PPh dans les eaux de surface par différentes voies d’entrée, à savoir le ruissellement de surface, l’érosion, le drainage et le transport atmosphérique par le brouillard de pulvérisation, sur la base de caractéristiques de site propres à la Suisse (de Baan, 2020). La quantité de PPh transportée dépend des conditions d’application (quantité de substances actives, date d’application, culture, prescriptions de réduction des risques), des propriétés des substances actives (dégradabilité, mobilité) et des conditions de site (distance entre le champ et l’eau, pente, type de sol, précipitations, température, etc.). Pour chaque substance active, on calcule la concentration attendue dans l’eau (exposition), en regard de sa toxicité, afin de définir le risque:
Risque = exposition / toxicité
On connaît la toxicité de chaque substance active grâce aux expériences standardisées en laboratoire. En ce qui concerne les effets aigus, la toxicité est souvent considérée comme la concentration à laquelle on observe une mortalité de 50% dans une période donnée. Outre les effets aigus, on prend également en compte les effets à long terme, comme une possible réduction du taux de reproduction des organismes. On examine la toxicité pour cinq groupes d’organismes représentatifs de l’écosystème des eaux de surface: poissons, puces d’eau, larves de chironomides, algues et lentilles d’eau.
Les risques peuvent être calculés au moyen du modèle SYNOPS pour des applications isolées ou pour l’ensemble d’un programme de traitements (autrement dit, pour toutes les substances actives appliquées sur un champ au cours d’une année). Ainsi, on prend en compte également les effets des mélanges de substances actives.