Aller au contenu principal

InformationsPublié le 26 août 2026

Slips enterrés: que nous apprennent-ils sur les sols?

Il y a cinq ans, des volontaires ont enfoui des slips en coton aux quatre coins de la Suisse afin de mesurer l'activité des organismes vivant dans le sol. Les résultats obtenus montrent que c’est avant tout le mode d’utilisation des surfaces qui est déterminant pour l’activité biologique du sol.

Afin d’attirer l’attention sur l’écosystème souvent méconnu qu’est le sol et de recueillir des données scientifiques, des chercheuses et chercheurs d’Agroscope et de l’Université de Zurich ont lancé en 2021 un projet de science citoyenne intitulé «La preuve par le slip». Près de 1000 volontaires ont enterré plus de 2000 slips en coton à travers toute la Suisse. Deux mois plus tard, ceux-ci ont été déterrés et envoyés au laboratoire pour analyse, accompagnés d’échantillons de sol.

Plus la vie du sol est active, plus la décomposition est rapide

Les résultats, récemment publiés dans la revue spécialisée «Plants, People, Planet», montrent que les slips se sont décomposés de manière très différente d’un site à l’autre. La vitesse de décomposition constitue un bon indicateur de l’activité des organismes vivant dans le sol: plus ils sont actifs, plus ils décomposent rapidement le coton.

Les jardins privés en tête

Le type d’utilisation des sols s’est avéré être le facteur le plus important pour la décomposition des slips et, par conséquent, pour l’activité biologique des sols. C’est dans les jardins privés que le coton s’est le plus décomposé. Leur teneur généralement élevée en matière organique offre des conditions idéales aux organismes du sol. À l’inverse, les pelouses ont présenté l’activité biologique la plus faible, les terres cultivées et les prairies se situant à mi-chemin entre les deux.

Les éléments nutritifs favorisent également la décomposition

Les propriétés chimiques du sol, notamment sa teneur en éléments nutritifs, ont également joué un rôle important. Une forte décomposition des slips est souvent le signe d’un bon approvisionnement en éléments nutritifs. «Une dégradation maximale n’est toutefois pas souhaitable dans tous les écosystèmes», souligne Franz Bender, chercheur chez Agroscope et co-responsable du projet. Dans les habitats semi-naturels et les jardins, elle peut également indiquer un excès d’éléments nutritifs. Dans de tels cas, il convient de réévaluer les pratiques de fertilisation.

Un ensemble de données complet grâce à la science citoyenne

Ce projet illustre le potentiel de la science citoyenne pour la recherche. Grâce à l’engagement d’environ 1000 volontaires, des données ont pu être collectées sur 1000 sites répartis à travers toute la Suisse, constituant ainsi l’un des ensembles de données les plus complets du pays sur l’activité biologique des sols. En contrepartie, les participantes et participants ont reçu un bilan personnalisé des analyses de leur terrain ainsi que des conseils pour une gestion durable des sols.

Un projet financé majoritairement par des fonds tiers

Le projet de science citoyenne «La preuve par le slip» a été initié et mené à bien par Agroscope et l’Université de Zurich. Son financement a été assuré en grande partie par les fondations Mercator Suisse, Ernst Göhner, Dreiklang et Paul Schiller ainsi que par le Fonds national suisse et l’Académie des sciences participatives de l’ETH et de l’Université de Zurich.

Informations complémentaires

La preuve par le slip

La preuve par le slip: un projet de science citoyenne pour étudier la vie et la qualité du sol.

Chaîne WhatsApp pour la pratique

Les informations destinées à la pratique agricole sont diffusées sur nos chaînes WhatsApp «Agroscope_fr» et «Agroscope_de».