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Publié le 12 juin 2024

Prélever les champignons de la stratosphère pour prévenir les maladies fongiques

Des champignons pathogènes peuplent la stratosphère et retombent sur terre avec la pluie. Pour mieux les connaître, Agroscope va prélever des échantillons grâce à un ballon-sonde. Objectif: optimiser les modèles de prévision des risques pour mieux anticiper le développement des maladies fongiques dans les cultures.

Ils commencent là où l’œil s’arrête: filaments microscopiques, ils s’insinuent partout, s’organisent en réseaux denses et disséminent leur descendance. Ce sont les champignons. En 800 mio d’années, ils ont développé les stratégies les plus innovantes pour coloniser la Terre et permettre à la vie de se renouveler. Depuis 5'000 ans nous les utilisons comme sources d’aliments, de médicaments, de colorants, d’arômes, de drogues divinatoires ou encore de poisons. Mais ils sont aussi partout autour de nous, sous forme de nuées denses de spores microscopiques. En termes pathologiques, cela signifie qu’ils sont toujours là, prêts à envahir leur substrat lorsque les conditions climatiques leur sont favorables.

Connaître les périodes auxquelles ils sont présents dans les eaux de pluie et tombent sur Terre est donc un enjeu crucial dans la compréhension épidémiologique d’une maladie fongique.

Des enjeux importants pour l’agriculture

Le projet «Stratospore» a pour but d’échantillonner et analyser les champignons présents dans la stratosphère avant même qu’ils ne retombent sur terre par le biais des eaux de pluie. Avoir une vision globale des populations de champignons de la stratosphère serait ainsi utile pour anticiper le développement des maladies fongiques dans les cultures en optimisant les modèles de prévision des risques.

Nos scientifiques ont mis au point un prototype de prélèvement d’échantillons. Il partira dans le ciel avec un ballon sonde de Météosuisse et initiera les prélèvements à partir de la limite de la troposphère (actuellement mesurée à 12'000 m d’altitude) et jusqu’à 35 km au-dessus de nos têtes, dans une zone du ciel pouvant atteindre les -63 °C.

Nous y analyserons les champignons dits cultivables. Mais comme ils représentent sans doute une proportion faible du potentiel fongique d’altitude, nous analyserons aussi toute la biodiversité fongique de la stratosphère grâce à l’ADN environnemental : il s’agit des traces ADN que chaque espèce présente dans un milieu donné y laisse.

La Science ne s’est encore pas penchée sur ce type d’expérimentations. Nous sommes donc nous aussi les conquérants d’un monde lointain et froid.

Partenariats scientifiques et déroulé du projet

Ce projet peut voir le jour grâce à une collaboration fructueuse entre Agroscope (groupe mycologie: Katia Gindro, Sara Leoni, Océane Devisme), MétéoSuisse à Payerne (Maxime Hervo et Gonzague Romanens) ainsi que le Groupe de physique appliquée et l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université de Genève (Prof. Jérôme Kasparian)

Les lancers seront effectués durant l’année afin de suivre l’évolution de la présence et de la densité des différents champignons phytopathogènes posant problèmes à nos cultures. En parallèle, nous suivrons de la même manière la présence de champignons pathogènes pour les humains.

Pour en savoir plus

6 février 2026

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