On entend par «humus» les formes stables de la matière morte organique du sol qui proviennent, entre autres, des racines, des résidus de récolte et des engrais organiques. Certains composants de la matière organique sont décomposés en l’espace de quelques semaines ou quelques mois par les animaux et les micro-organismes du sol, alors que d’autres restent dans le sol sous forme d’humus pendant des décennies, voire des siècles.
Afin de garantir la fertilité du sol, la décomposition et l’apport ultérieur d’humus doivent approximativement se contrebalancer, autrement dit le bilan humique doit être équilibré. L’apport de matériel organique se fait p. ex. par l’intermédiaire de plantes mortes (dont les résidus de récolte) et d’engrais organiques (p. ex. fumier, compost). L’énergie et les nutriments disponibles liés à la matière organique sont utilisés lors de la décomposition de celle-ci par les organismes du sol; la matière organique du sol est alors minéralisée, autrement dit transformée en composants inorganiques simples (dioxyde de carbone, eau et substances inorganiques assimilables par les plantes). Un travail intensif du sol (travail primaire du sol en profondeur et préparation du lit de semences fin sur toute la surface), effectué p. ex. pour la culture de plantes telles que les pommes de terre, accélère la minéralisation. Celle-ci est par contre retardée dans le cas des prairies artificielles pluriannuelles. Dans le cadre du DC-IAE, le bilan d’humus est calculé selon la méthode de Neyroud et al. (1997). Vous trouverez davantage d’information sur le mode de calcul ci-dessous.
Pour déterminer la décomposition de l’humus, il faut tout d’abord calculer la teneur minimale en humus souhaitée. Celle-ci est extrapolée en quantité d’humus (en kg/ha) pour la masse de couche arable travaillée (en t/ha). Elle est ensuite multipliée par le coefficient de décomposition net (dépendant de la teneur en argile, du pH du sol et de l’intensité de travail du sol) pour estimer la perte en humus (en kg/ha et par an). Pour des teneurs en argile supérieures à 10%, la teneur minimale en humus souhaitée augmente de manière linéaire avec la teneur en argile du sol. La masse de la couche arable par ha est déterminée par l’épaisseur et la densité de la couche arable. On admet pour simplifier que la couche arable a une épaisseur d’environ 0.3 m et une densité de stockage de 1350 kg/m3, ce qui donne une masse de sol de 4000 t/ha. Les facteurs suivants sont pris en compte dans le calcul du coefficient de décomposition:
Teneur en argile du sol: une teneur en argile plus élevée retarde la décomposition de l’humus, car les particules d’humus sont plus fortement liées aux particules d’argile, voire y sont enfermées (complexes argilo-humiques).
pH: plus les conditions deviennent alcalines (pH>7), plus la décomposition de l’humus se ralentit, car les particules d’humus se lient plus fortement à la surface des particules minérales du sol ou sont piégées par celles-ci, lorsque la présence d’ions Ca augmente. L’activité des micro-organismes du sol diminue également.
Part de cultures sarclées (p. ex. pommes de terre): une part élevée de cultures sarclées, autrement dit un travail intensif du sol, augmente la disponibilité des particules d’humus pour les organismes du sol et accélère ainsi la décomposition de l’humus.
Part de prairies artificielles: une part élevée de prairies artificielles, autrement dit un travail extensif du sol, diminue la disponibilité des particules d’humus pour les organismes du sol et ralentit ainsi la décomposition de l’humus.
Les cultures principales et intermédiaires (racines et résidus de récolte) sont considérées comme des sources d’apport pour la matière organique humifère, au même titre que les engrais organiques. La quantité de matière organique humifère ajoutée (en kg d’humus par ha et par an) est donnée sous forme de tableau de valeurs pour les différentes cultures et engrais. Ces valeurs sont des valeurs standard et ne nécessitent donc pas d’indication sur le rendement mesuré des cultures ou la teneur exacte en matière organique des engrais.
L’apport de matière organique humique moins la décomposition de l’humus donne le bilan humique. Pour établir le bilan humique d’une exploitation, toutes les parcelles sont prises en compte. Si l’exploitation pratique la même rotation de cultures régulière sur toutes les parcelles, la démarche donne non seulement une image du bilan humique de l’ensemble de l’exploitation, mais également du développement attendu au cours d’une rotation.
Le bilan humique de l’ensemble d’une exploitation est calculé comme une moyenne pondérée selon les surfaces. Des valeurs négatives signifient que le sol perd de la matière organique sous forme d’humus, de sorte que la fertilité du sol peut s’en trouver affectée à long terme.