Aperçu des valeurs de référence des impacts environnementaux de huit denrées alimentaires suisses
Des chercheuses et chercheurs d’Agroscope ont mis au point une méthode permettant de déterminer les valeurs de référence des impacts environnementaux de huit denrées alimentaires suisses couramment consommées. Les résultats publiés sont librement accessibles.
Les valeurs de référence quantifiant les impacts environnementaux des denrées alimentaires sont essentielles pour l’industrie alimentaire, le commerce de détail et la politique. Les chercheuses et chercheurs d’Agroscope ont développé une méthode pour calculer ces valeurs et les mettent à disposition du public. Les huit produits concernés sont les pommes, carottes, pommes de terre, tomates, blé d’automne, huile de tournesol, lait et viande de porc suisses.
Des comparaisons objectives possibles
Ces valeurs ne constituent pas des valeurs cibles, mais une base de comparaison objective. Une exploitation qui souhaiterait, par exemple, produire des pommes plus écologiques pourrait d’abord calculer son analyse de cycle de vie pour ensuite comparer les résultats aux valeurs de référence. Elle pourrait ainsi vérifier si le produit se situe au-dessus ou au-dessous de la moyenne suisse et voir où des améliorations sont possibles. Les détaillants peuvent également se baser sur ces valeurs de référence pour définir leurs propres objectifs de réduction (p. ex. 10 % au-dessous de la valeur de référence) ou pour évaluer leurs assortiments. La politique peut aussi recourir aux valeurs de référence, p. ex. pour comparer des produits importés aux produits suisses. Il faut toutefois veiller ici à appliquer une méthodologie uniforme.
Résultats choisis
Les résultats ci-dessous sont particulièrement importants:
- Les émissions directes de l’agriculture contribuent au risque de perte de biodiversité lié à l’utilisation du sol, à l’écotoxicité des eaux douces par les composés organiques (par le biais des produits phytosanitaires), aux émissions de gaz à effet de serre et à l’acidification terrestre (principalement imputable à l’ammoniac provenant de la fertilisation).
- Les engrais inorganiques utilisés dans la production conventionnelle influencent également l’acidification terrestre, l’écotoxicité inorganique et l’eutrophisation des eaux douces ainsi que le potentiel de gaz à effet de serre.
- Des rendements plus faibles entraînent souvent des impacts environnementaux plus importants par kg de produit (p. ex. production biologique ou production en région de montagne).
- Concernant la viande de porc et le lait, le choix des aliments pour animaux est déterminant pour réduire les impacts environnementaux.
- La phase de transformation en huile n’a pratiquement aucune incidence sur l’impact environnemental de la production d’huile de tournesol.
- Le stockage des pommes, pommes de terre et carottes augmente de 30 à 40 % par mois les émissions de gaz à effet de serre, en raison des besoins énergétiques et du recours à des agents réfrigérants.