Efficience des éléments nutritifs et fumure respectueuse des ressources

Naehrstoffeffizienz-Duengung

L'utilisation efficiente des éléments nutritifs dans la production agricole est une condition essentielle au développement et à l'optimisation des systèmes de production durables, pour deux raisons: le respect des ressources (phosphore) et la pollution de l'environnement liée aux pertes d'éléments nutritifs (ammoniac, nitrates, phosphore).

Essais longue durée sur le phosphore, le potassium et le magnésium

La fertilisation agricole repose sur la loi du minimum (Justus v. Liebig) et avait essentiellement pour but, jusqu’à la fin des années 80, de résoudre les situations de carence. On en arrivait souvent à des excès plus ou moins marqués de fumure dans les sols agricoles, ce qui a mis au premier plan les questions de répercussions écologiques et culturales sur des sols de plus en plus surfertilisés.

Depuis 1989, les méthodes d’analyses de sol utilisées dans les grandes cultures et les cultures fourragères sont étudiées à Agroscope dans le cadre d’essais longue durée avec des apports échelonnés d’éléments nutritifs (P, K, Mg, chaux) afin d’établir des principes approfondis pour une fumure respectueuse de l’environnement et des besoins des plantes. Parallèlement, ces essais permettent de recueillir des informations sur les teneurs en éléments nutritifs nécessaires pour une production agricole optimale et une pollution minimale de l’environnement. Outre les teneurs du sol en éléments nutritifs, les questions de disponibilité de ces éléments et d’influence des différents systèmes d’exploitation (agriculture biologique, travail minimal du sol), de plus en plus importantes pour l’écologisation de l’agriculture, jouent un rôle central.

Fumure azotée avec le procédé CULTAN

La fumure azotée selon le procédé CULTAN (Controlled Uptake Long Term Ammonium Nutrition) consiste à placer des engrais liquides ou solides ayant le plus fort pourcentage possible d'ammonium sous forme de dépôt dans la couche arable. La concentration sur un petit espace et l'effet acidifiant au cœur du dépôt sont censés protéger l'azote ammoniacal épandu de la transformation microbienne en nitrate. Ils sont également censés le rendre plus longtemps disponible pour les plantes et réduire son exposition au lessivage. Par conséquent, l'azote est plus longtemps disponible pour la plante qu'avec une fumure traditionnelle à la surface du sol. Cette méthode permet d'une part d'économiser des coûts grâce un apport unique d'azote au printemps, mais risque d'accroître le risque de pertes du fait des quantités plus élevées d'azote épandues. Les essais pratiques d'Agroscope sont encadrés par des scientifiques afin d'obtenir des résultats fiables quant aux effets économiques et écologiques dans les conditions pédologiques et climatiques suisses. Les relevés et travaux relatifs aux besoins des plantes par rapport à la forme d'azote et aux dépôts éventuels dans le sol sont étudiés avec la méthode Nmin et comparés avec les recommandations de fumure azotée traditionnelles, sur la base des recommandations des stations de recherche Agroscope.

Fumure suboptimale dans les grandes cultures - symptômes de carence

Suivant le type de sol, le climat, les conditions météorologiques et le mode d’exploitation, les réserves d’éléments nutritifs dans le sol et leur potentiel de libération pour les racines sont différents. Grâce à une fumure adaptée aux besoins des plantes en éléments nutritifs, nous essayons de maintenir les cycles d’éléments nutritifs les plus fermés possibles, et d’optimiser la production végétale sans épuiser les réserves du sol ou les augmenter inutilement. Suivant la loi du minimum, la carence en éléments nutritifs essentiels, en azote (N), phosphore (P) et potassium (K) conduit tôt ou tard à une baisse des rendements et de la qualité de la récolte. L’efficience de l’utilisation de l’azote, du phosphore et du potassium dans les plantes n’est pas la même en cas d’apports d’engrais minéraux et d’engrais de ferme. En 1989, un essai de démonstration a été mis en place à ART pour montrer les effets d’un sous-approvisionnement des plantes en azote, phosphore et potassium dans différentes cultures et comparer la fumure optimale à base d’engrais minéraux avec les apports de fumier ou de lisier typiques dans la pratique sans fumure minérale compensatoire. L’essai indique la réaction variable des cultures pour différentes variantes de fumure ainsi que les symptômes de carence en cas de manque d’un des éléments nutritifs essentiels, azote, phosphore ou potassium.

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