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Le rouge-queue noir doit son nom aux plumes rougeâtres de sa queue. Cet oiseau insectivore est présent dans toute la Suisse où il apprécie tout particulièrement le vignoble. Cependant, les vignes sont souvent protégées contre les organismes nuisibles par des produits phytosanitaires. Les insectes - menu du rouge-queue noir - entrent inévitablement en contact avec ces matières actives. Le rouge-queue noir qui absorbe ces insectes peut s'intoxiquer ou même mourir en ingérant certains produits phytosanitaires.
Petit, mais vorace !
Pourquoi cette espèce est-elle particulièrement menacée? La réponse réside dans la quantité de nourriture qu'il ingurgite. Léger comme une plume, le petit rouge-queue noir se montre particulièrement vorace: compte tenu de son poids, sa consommation d'insectes et d'araignées dépasse celle des plus grands oiseaux. Cette espèce sera donc la première parmi les oiseaux du vignoble à présenter des problèmes de santé.
Les chercheurs d'Agroscope l'ont pour cela élue « espèce focale » du vignoble et peuvent ainsi se concentrer sur le risque auquel elle est exposée avec chacun des produits phytosanitaires. Quand ce risque est considéré comme acceptable, les autres oiseaux insectivores ont une grande probabilité d'être hors de danger. Par ce biais, l'environnement est ménagé et les organismes nuisibles à la viticulture sont sous contrôle.
Analyse écotoxicologique des produits phytosanitaires
Les produits phytosanitaires modernes doivent répondre à une double exigence: limiter au mieux les agents pathogènes dans les cultures tout en épargnant les organismes non visés. Pour y parvenir, le groupe de recherche Écotoxicologie d'Agroscope analyse les risques auxquels ces organismes sont exposés, notamment les oiseaux.
L'évaluation des risques, pratiquée selon des principes analogues à ceux de l'UE, se divise en plusieurs phases: au cours de la première, des modèles simples sont utilisés où «le pire est envisagé» (worst case). Lorsqu'un risque pour les oiseaux ne peut pas être exclu, des modèles plus compliqués, mais aussi plus précis, sont engagés. Les risques sont alors à nouveau analysés avec précision pour les espèces de l'avifaune qui pourraient réellement vivre dans la culture durant l'utilisation du produit phytosanitaire et y manger de la nourriture contaminée, comme le rouge-queue noir. Les spécialistes appellent ces oiseaux des « espèces focales ». Chaque culture a ses propres espèces focales. En outre, les mêmes cultures peuvent abriter à l'étranger d'autres espèces focales, raison pour laquelle les conditions doivent être étudiées de façon distincte en Suisse.
Bases de l'évaluation des risques pour les oiseaux
Les espèces focales suisses sont déterminées à l'aide des informations suivantes: données de terrain disponibles, publications ornithologiques et expertises de la Station ornithologique suisse de Sempach et de l'Association suisse pour la protection des oiseaux ASPO/BirdLife Suisse. Pour toute une série de cultures (notamment les céréales, le maïs, la betterave sucrière, la pomme de terre, les fruits, la vigne), les espèces de l'avifaune sont considérées comme des espèces focales, quand:
Les espèces focales déterminées maintenant serviront à évaluer demain les risques entraînés par les produits phytosanitaires pour les oiseaux, de façon plus réaliste et plus précise selon les différents types de culture.
Photo: © Marcel Burkhardt (librement utilisable en rapport avec ce communiqué de presse)